Ma soirée au ciné avec un réalisateur // no pop-corn mais une chronique écrite !

chroniqueuse culturelle part 2

Avec l’équipe des Chroniqueurs Culturels nous avions rdv mercredi 24 février à 20h45 devant le cinéma « Le Molière » pour voir « Avant l’Aube », le film de Raphaël Jacoulot .  Au programme visionnage du film et rencontre avec le réalisateur pour une séance de questions/réponses. Et bien sûr, au bout du bout, seule devant mon écran blanc, une chronique à écrire…

Flavia et les chroniqueurs culturels pezenas

Flavia et une partie des chroniqueurs en herbe 

l'equipe des chroniqueurs culturels devant le cinema le moliere de pezenas

ticket de cinema

Ca fait au moins 3 ans que je ne suis pas allée au cinéma voir un film qui ne soit ni un dessin-animé, ni un film pour ados, c’est fou. Ca me fait bizarre de quitter ma petite famille pour me rendre, seule, à la nuit tombée, au cinéma. Au plaisir de ce moment rien qu’à moi s’ajoute le sens du devoir, ce petit côté « j’me mets la pression » qui caractérise mon implication dans toutes mes activités. (Mais je me soigne… )
affiche Avant l'Aube

En m’installant dans la salle bien remplie, j’essaye de me mettre en condition pour être à la fois attentive aux aspects techniques du film tout en lâchant prise pour me laisser porter le plus possible par l’histoire. Pour être totalement vierge de tout à priori je n’ai lu aucune critique du film, je ne connais pas ce réalisateur et je n’ai même pas lu le synopsis. Avant la projection du film Raphaël Jacoulot nous est brièvement présenté. J’apprend deux choses : 1.le film est un thriller psychologique. 2. Tourné en haute-montagne dans des paysages somptueux.  Ok. Je ne veux surtout pas en savoir plus. Place au film !

camera

Après le film une rencontre était prévue entre le cinéaste et le public. Une heure durant laquelle Raphaël Jacoulot, quarantenaire timide, s’est prêté avec simplicité et sincérité au jeu des questions/réponses, debout, seul face au public. Pas facile j’imagine. J’ai même  posé une question sur un aspect technique du film.

Raphael Jacoulot

Raphaël Jacoulot

typewriter

Après le film nous avions 5 jours pour réfléchir individuellement et écrire une chronique. J’avais commencé à prendre des notes dès la fin du film sur mon petit carnet, puis le lendemain j’ai commencé à jeter quelques phrases sur le papier. Ensuite j’ai laissé mûrir le tout jusqu’au dernier jour prévu pour le faire. Je me connais je suis souvent efficace dans l’urgence. Le soir nous nous sommes réunis et chacun a pu livrer sa vision du film. Beaucoup de convergences dans les ressentis, un seul a eu un ressenti très différent des autres et un était « entre-deux ».  J’ai vraiment apprécié certaines chroniques, de belles plumes se dégagent ! Echanges intéressants sur la diversité des points de vue, c’est le principe de ces rencontres. Le but était de réussir à écrire une chronique reprenant l’ensemble mais le temps nous manquant c’est Flavia qui va s’en charger. Le résultat sera publié prochainement. Je vous tiendrai au courant.

Je vous livre ici ma chronique, un poil trop longue, telle que je l’ai livrée au groupe. 

Raphaël Jacoulot nous transporte au coeur de paysages de haute-montagne à la fois grandioses et oppressants dont  la majesté est sublimée par la musique classique baroque de Haydn ou Bach.  Adossé à la montagne un hôtel 4 étoiles est le lieu où se concentre toute la tension entre les personnages.  Jacques Couvreur (Jean-Pierre Bacri) en est le propriétaire avec son épouse Michelle (Ludmila Mickaël), leur appartement est dans l’hôtel où leur fils Arnaud (Xavier Robic) vient leur rendre visite régulièrement avec sa compagne Julie (Céline Sallette). Les rapports filiaux sont tendus, empreints de mépris, le père dénigrant le choix professionnel de son fils qui a préféré devenir gendarme de haute-montagne plutôt que de suivre ses traces. Frédéric Boissiers (Vincent Rottiers) un jeune en rupture avec ses parents adoptifs, sorti de prison suite à une bagarre, vit avec Maud (India Hair) et travaille comme stagiaire dans cet univers feutré et luxueux qui n’est pas le sien. Lorsqu’un client de l’hôtel disparaît, Frédéric comprend que quelque chose de grave s’est produit et que le père et le fils sont liés à cette histoire. Dès lors va se mettre en place un jeu dangereux et ambigu entre eux que va retranscrire l’atmosphère enfumée du film. Ces trois hommes fument cigarette sur cigarette. Comme pour mieux se cacher derrière un écran de fumée.  Et elle est bien là la tension du film, dans leurs rapports ambigus, tendus, toxiques. Si j’ai été surprise, voire intriguée, au début, par l’usage de plans resserrés sur les visages, j’ai compris au fur et à mesure à quel point cela nous permettait de saisir la qualité de leurs regards.  Mépris, méfiance, complicité, affection… Tout ce qui se joue entre eux est là, dans ces regards admirablement rendus par Bacri et Rottiers. Pour mener l’enquête sur cette mystérieuse disparition entre en scène Sylvie Poncet (Sylvie Testud) qui va apporter la rupture un peu comique du film. Elle fait sourire cette petite inspectrice d’apparence naïve et fragile. Gauche, elle est un peu ridicule dans ce décor avec son bonnet et ses vêtements aux couleurs mal assorties. Tout comme Frédéric dont les costumes sont toujours un poil trop grands pour lui. Elle observe et elle note. Elle note les ruptures, les changements, elle sent les tensions, les mensonges et les non-dits. Elle sent et elle sait que Frédéric emprunte une voie  trop sinueuse et périlleuse pour lui comme cette route de montagne qui relie la ville à la montagne. Et nous, spectateurs, assistons à ce jeu dangereux entre Jacques et Frédéric, à ce mouvement entre sincérité et manipulation, à ces rapports simili filiaux, à ce jeu de dupes qui n’en est pas un. Jusqu’à la fin. Cette fin qui n’est pas une surprise en soi. Je n’ai pas été étonnée et pas déçue de ne pas l’être. Il ne pouvait en aller autrement que cette fin qui porte en elle le gâchis du mal-amour, des abandons à répétition, des ruptures… Cette fin porte aussi en elle l’élément extérieur qui permettra, peut-être de rétablir l’équilibre perdu. J’ai adoré le jeu tout en finesse de Bacri, Rottiers, et Testud. La force des regards m’a impressionnée.  Et je souligne la qualité du scénario qui m’a donné l’impression de suivre des funambules en équilibre sur un fil à la fois tendu et prompt à s’affaisser au moindre pas.


finger right Pour lire la #1 de cette aventure des Rendez-Vous des Chroniqueurs Culturels.

finger right La chronique entière et plurielle a été publiée sur le magazine culturel Vivant Mag !


 

 

 

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